Points d'accord et points de divergence avec l'analyse connue.

(cette analyse a été faite à partir des informations rendues publiques fin avril début mai. On devine
qu'elles sont partielles, en comparaison de ce que des services techniques ont du accumuler... )

Points de convergence:
- circulation générale difficile à certaines heures, certains carrefours, sur la rocade....
- Stationnement saturé, difficile, anarchique, envahissant, voire dangereux...
- Lenteur des transports en commun dans le flôt de la circulation.
- faible fréquentation des transports en commun urbains
- coût écologique de cette circulation lente
- présence nuisible au stationnement de voitures ventouses .......

Nous ne pouvons qu'être d'accord avec les soucis affichés de vouloir mieux servir les actifs,
vers leurs emplois, les scolaires, les étudiants, les populations sans véhicule, les personnes
en difficulté pour se déplacer pour des raisons de revenus, d'âge ou de handicap.
Nous pointons égalements les lieux importants à désservir, tout en émettant d'autres voeux.
Enfin d'entrée, nous voulons redire fortement que toute réorganisation du réseau des transports
concerne non seulement les publics captifs, et/ou les usagers passés, mais la totalité des
habitants puisqu'il s'agit bien pour nous de définir parallèlement un mode de vie en même temps
que de réfléchir à des modes de mobilité.

Remarques particulières: le centre ville pose le problème de la circulation de façon
particulière et nouvelle.
Une ville subit et se modifie selon la place de la circulation. Laquelle influe plus sur l'autre?
Conséquence des difficultés d'accès et de stationnement au centre ville, la délocalisation d'un
certain nombre d'activités a commencé et s'accentue.
Si les grands commerces se sont installés en amont de la ville, si certaines petites et moyennes
entreprises ont déménagé zone de brais, nombre de cabinets de professions libérales, notariales
immobilières, de services divers, même de jeux, qui drainent beaucoup de clientèle privée, se sont,
elles aussi, décentrées par exemple à Océanis facile d'accès et de stationnement. Leur clientèle
n'avait plus l'occasion de passer par le centre ville.
Faut-il accepter ce mouvement voire l'aider, dégager la circulation de ces clientèles? Que peut
le nouveau réseau face à cela?
En parallèle et paradoxalement, alors que la municipalité a voulu le Ruban Bleu pour renforcer
l'attractivité de la ville, et attirer des clients, ce centre commercial provoque en fait, une autre
fuite, celle de commerces de petite ou moyenne dimension dont la clientèle a modifié ses
habitudes. Intersport se rabat sur Trignac, Bradéo ferme, des rideaux se baissent avenue de la
république où déjà nombre de pas de porte étaient à vendre ou louer depuis des mois, voire des
années (Le France, Eram, la grande récré, la brasserie du paquebot ....) La fermeture du cinéma
« les korrigans » s'ajoute à ces disparitions. La boutique de réservation de la Stran doit
rejoindre les bureaux de la gare. Le magasin de bricolage Briconaute est en cessation d'activité
depuis près d'un an, la librairie Album a annoncé il y a plusieurs mois son intention de fermer.
Bref, problème d'accès et de stationnement ou problème de sur-dimensionnement des espaces
commerciaux du centre ville, ce centre se vide, et cela se voit de plus en plus, inspirant une
idée de déclin. La crise peut expliquer une partie du problème mais il est à craindre qu'il soit
aussi structurel et pas seulement conjoncturel. Que vont faire les éventuels clients? la
circulation va -t-elle changer? Faire passer un circuit transversal près du ruban bleu va-t-il
changer quelque chose?
La question est d'autant plus à examiner que l'accélération du phénomène de dégra-
dation du centre se creuse depuis quelques mois alors que le tracé transversal
gare/océanis a lui été mis dans les têtes en 2006, lors d'une intervention publique de
mr Batteux.

Autre conséquence crainte: un accroissement des problèmes.
Certains observateurs du nouveau plan de circulation ajoutent que l'emprise au sol des nouveaux
circuits va en un premier temps accroître assez considérablement les problèmes actuels de
stationnement pour les riverains notamment dans l'avenue de la République et la rue d'Anjou.
Enfin la prévision obstinée d'un parking relais à l'ancien point P ne va en rien ralentir la
circulation entrante par le pont de la matte ou sur les axes par le sud.

Questions en attente de réponse crédible.

En quoi la "nouveauté" relative du réseau urbain répond-elle à la nouvelle situation du centre
ville?

Les remarques précédentes nous font poser une série de questions auxquelles nous aimerions
avoir des réponses claires et non approximatives:
- Veut-on empêcher de nouvelles délocalisations à partir du centre? Quelles mesures pour retenir
certaines activités en centre ville? Ré-appropriation de certains locaux par des bureaux?
Quelles solutions d'accès et de stationnement, alors ? que faut-il faire?
- ou bien veut-on encourager une ville allongée? le développement d'Océanis par exemple et les
déplacements de bureaux d'affaires sur ce site et dans les locaux de la gare? Certaines
déclarations de mr Batteux et article du mensuel municipal semblent annoncer cet avenir pour
Océanis?
Et à la gare où siègent déjà les bureaux de la Carène, plus proches sans doute des élus de
l'agglomération mais séparés du centre par un long bout d'avenue presqu' inanimé, des services
sont attendus.
L'axe transversal de bus gare océanis est-il à interpréter dans cette optique?
- Dans cette hypothèse le centre ville ne va-t-il pas un peu plus souffrir et offrir plus de
locaux déserts? (N'allons pas dire par provocation, un simple lieu de passage, sur un axe
transversal?)


- Comment le plan de réorganisation des transports en commun prend-il en compte
cette blessure du centre? Que signifie la priorité donnée à l'axe Gare/Océanis même s'il passe
près du ruban bleu? D'autres hypothèses de lignes plus convergentes sur un centre n'étaient-elles pas possibles?
Nous osons le penser en faisant confiance à l'imagination des nazairiens et des techniciens.
- Derrière cela se cache la question fondamentale: « Quelle ville veut-on? Quel centre? Pour
qui? » une ville étirée, décentrée ou recentrée?
A ces questions nous n'avons pas trouvé de réponses explicitées en accompagnement de la
présentation du nouveau réseau.
Sur le papier, sur les tableaux présentés, sur les animations concernant la réorganisation
des transports en commun, les solutions présentées sont rassurantes parce qu'elles répondent à
certains besoins estimés, mais elles ne nous paraissent pas répondre à notre question de fond.

En revanche nous craignons, peut-être à tort, d'y voir un effet non voulu de la politique générale
de la majorité municipale qui au nom de l'emploi a investi dans des zones de bureaux excentrées
(même si la gare est au bout de l'avenue de la république..) qu'elle met prioritairement en avant.
(Un petit détour par l'histoire de l'annonce de ce Transport à Haute Qualité de Service ne ferait
que conforter ce doute.)

Dans ces conditions nous regrettons la précipitation avec laquelle n'a été proposé qu'un seul
tracé prioritaire qualifié d'épine dorsale. Nous osons penser qu'une réflexion sur la ville
aurait du être préalablement relancée en parallèle de la réflexion sur l'évolution des moyens
de circuler. En gros nous regrettons que n'ait pas été pratiquée notre idée de la concertation
que nous tenons à rappeler.