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Objet : L’aéroport de Nantes, c’est NON.
texte lu lors d'une manifestation et proposé par Jean Pierre.

Le monde s’enfonce dans une crise climatique angoissante, mais notre
classe politique continue de parler une langue morte. Les gens qui défendent
le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pensent l’avenir avec les mots
d’un passé qui ne reviendra pas. Ce sont les mêmes qui après avoir prôné le
transport aérien super-sonique dans les années 70, avant qu’il ne s’écrase,
30ans plus tard, en bout de piste à Garges-les-Gonesse, veulent aujourd’hui
nous imposer le transport aérien de masse comme la clé de notre survie économique.
Et ce, juste au moment où tout montre qu’il est condamné. Une fois de plus ils se
trompent d’époque.
Nous pourrions rire, si ce n’était aussi grave, du discours des promoteurs du
nouvel aéroport. Comme la Toinette du Malade imaginaire, qui répond « le poumon »
à toutes les questions posées sur la santé d’ Argan, ils répètent, hébétés par
eux-mêmes : la croissance, la croissance, la croissance.
Ils ne savent pas, parce qu’ils ne le sauront jamais, que notre planète atteint
déjà ses limites physiques dans des domaines vitaux. Le transport en fait partie.
Dans un monde fini, ceux qui poussent encore à la destruction des espaces et des
espèces sont de redoutables aveugles.
La question de l’aéroport n’est pas de droite ou de gauche. Elle est une affaire
humaine, et pour cette raison nous nous en emparons. Ailleurs dans le monde,
comme autour de l’aéroport londonien d’Heathrow, les mêmes que nous ont décidé
d’agir : nous sommes l’espoir en mouvement, quand ils n’incarnent que le renoncement.
Tous : le maire de Nantes Jean-Marc Ayraut comme le premier ministre actuel François
Fillon.
Le pouvoir ne cesse de nous rabâcher que nous vivons bien au-dessus de nos moyens,
que nous avons mangé notre pain blanc. Avoir un hôpital de proximité serait devenu
un luxe intolérable : on en supprimera donc 250 ; Ancenis, Redon et Chateaubriant
sont sur la liste ; mais un aéroport pour aller rejoindre les plages méditerranéennes,
est une inéluctable nécessité, un intérêt public.
L’économie marche sur la tête . Il est grand temps que les hommes reprennent en main
leur destin
Nous savons que le combat qui commence sera long et difficile. Et c’est pour cette
raison que nous lançons ce 29 juin 2008 un appel à toute la France, à toute l’Europe,
au monde entier. Il faut soutenir le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
avec toutes les forces disponibles. Et par des moyens rarement utilisés à l’échelle
que nous envisageons : l’occupation du territoire, la désobéissance civile, le refus
complet et définitif.
Le compromis n’est pas possible, car le combat qui commence, et qui concerne chacun,
est entre une vie possible et un cauchemar certain. Nous vaincrons, non parce que nous
sommes les plus forts, mais parce qu’il n’y a pas d’autre solution.
Nous appelons donc , toutes les personnes et associations opposées à ces projets
d’extension du trafic aérien à se soutenir pour mieux faire connaître leur combat et
mutualiser leurs forces. Ici, comme à Heathrow, nous devons faire échec à cette politique
du développement économique qui conduit au désastre.

Des habitants qui résistent le 29 juin 2008.