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Chantiers navals : saupoudrage médiatique ! .
position de Roseline

Le gouvernement et les médias ont annoncé jeudi 12 juin à grand renfort que
« l’Etat embarque aux Chantiers de l’Atlantique » en prenant 9% du capital de
la société norvégienne Aker Yards détenue déjà à 39% par les sud-coréens
STX Shipbuilding. Ce qui s’appelle « prendre une minorité de blocage ».

1ère erreur : le propriétaire actuel est, pour le moins, surpris, et n’a pas
donné son accord : « Cet accord reste soumis à l'approbation du conseil
d'administration d'Aker Yards ». Côté norvégien, c'est la stupéfaction. Svein
Sivertsen, le président du conseil d'administration et directeur général par
intérim d'Aker Yards, a appris les intentions françaises par les médias.
[…] "Nous considérons comme improbable une cession d'une partie de nos activités
si les conditions ne sont pas attrayantes à la fois pour nos propriétaires et
pour le développement futur de la société", a-t-il ajouté, en attendant de
recevoir des "informations plus détaillées sur les intentions du gouvernement
français".


2ème erreur : A quel montant nominal se feront donc ses actions ? au prix fort,
évidemment (« quelques dizaines de millions d’euros » annonce le gouvernement).
L’Etat français aura dû mal à acheter à bon prix…
L'annonce a aussitôt profité à l'action Aker Yards à la Bourse d’Oslo.
Pauvre gouvernement qui nous annonce que ses caisses sont vides depuis les
cadeaux fiscaux de Sarkozy d’après les présidentielles!
3ème erreur : S’appuyer sur les 25% d’actions détenues par Alstom jusqu’en 2010
pour annoncer une minorité de blocage de 34% (25 + 9) ? 2010, c’est bientôt et
l’Etat reprendrait alors ces parts ?… (Rappelons au passage la pitoyable vente
des Chantiers de Saint-Nazaire, Montoir et Lorient à Aker Yards par Alstom en
janvier 2006… Vente pour 50 millions d’euros ? pas vraiment ! Alstom a dans
le même temps injecté 350 millions d'euros dans cette nouvelle société commune
pour , nous citons : "renforcer sa structure financière et assurer sa croissance").
4ème erreur : minorité de blocage sur quoi ? Christine Lagarde, notre ministre de
L’Economie et des Finances annonce fièrement : « droit de veto sur la nomination
du patron des Chantiers » ! La participation est en effet "assortie de droits
permettant de sécuriser les décisions stratégiques de l'entreprise".
Nous verrons bien lesquelles, mais il ne faut pas se faire trop d’illusions.

5ème erreur : entrer dans le capital pour que le savoir-faire ne parte pas en Corée
et assurer un rapprochement avec la construction navale nationale.
L’idée, et les bureaux d’étude des Chantiers y travaillent depuis pas mal de temps,
c’est que Saint-Nazaire construise la coque du futur porte-avions, avec ou sans
la Grande Bretagne… A notre connaissance, ce projet est de plus en plus remis aux
calendes grecques… Les caisses sont - toujours - vides !

6ème erreur : pourquoi avoir attendu tant de temps pour prendre une décision ?
Avoir attendu que Bruxelles avalise en mai dernier la vente des 39% aux Coréens ?
Ne fallait-il pas anticiper et proposer un consortium européen avec les Chantiers
italiens Fincantieri qui n’attendent que cela, un rapprochement avec Saint-Nazaire…
Là, on aurait fait un accord gagnant-gagnant. Fincantieri livre aujourd’hui les plus
gros paquebots mondiaux, dans les temps et même en avance. Mais MM. Sarkozy et
Berlusconi, quand ils se rencontrent, préfèrent cultiver leurs propres egos que parler
affaires européennes et sauvegarde d’emplois et de savoir-faire en matière de
construction navale.
Rappelons-le, Fincantieri ne construit pas que des paquebots, et ce, puisque l’Etat
italien participe à leur capital, lui, depuis toujours.

Conclusion : cela reste pour l’instant un simple effet d’annonce pour Saint-Nazaire.