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POLITIQUE SOCIALE.


Délibération 5, soumise au conseil municipal deu 16/12/2011.
PDD - Rapport de synthèse de la démarche "Adapter et renforcer la politique sociale municipale" - Proposition d'orientations générales pour les interventions du Centre Communal d'Action Sociale - Approbation.

déclaration de l'élu "Label Gauche"

2 minutes de parole, cela n'a aucun sens pour parler d'un texte si important, symbole de la politique municipale en matière d'action sociale et qui devrait être le symbole de son engagement à gauche.
Je me contente donc d'évoquer sans détailler quelques points et j'invite nos concitoyens à lire nos remarques et propositions sur le site label gauche.

Les chiffres cités et l'évocation des situations sociales qu'ils rappellent, soulèvent l'émotion et la colère. Non seulement les chiffres et la dégradation ne baissent pas, mais ils s'accroissent tandis que la misère s'installe plus largement. Votre rapport est explicite.

En préambule:
Nous voulons saluer l'action d'abord des bénévoles des associations qui souvent voudraient en faire tellement plus, saluer aussi l'action des personnels de base des institutions sociales de terrain, à qui les politiques de statistiques et de budget imposent des opérations qui parfois heurtent leur conscience, et souvent les empêchent d'agir différemment avec plus d'humanité voire plus d'efficacité.
Ils sont au contact quotidien, souvent pris en boucs émissaires, alors qu'ils voudraient faire autrement et plus et qu'ils auraient beaucoup à dire, voire à proposer.

3 remarques sur la délibération.
Le texte qu'on nous présente est grave et important.
Pour nous c'est un symbole. Nous en regrettons néanmoins 3 points.
Son orientation si peu politique.
Son acceptation de la répartition des rôles.
Son manque de moyens pour l'imagination sociale.

1- Une orientation peu politique. - Dans la situation économique difficile actuelle, aggravée par une politique volontairement anti-sociale, ce rapport est orienté prioritairement et presque exclusivement sur les conséquences. Simple réajustement des règles de redistribution. Les causes gouvernementales n'y sont pas rappelées et analysées, ni les causes institutionnelles pointées. Pas plus que n'apparaît aucune auto-analyse de la politique municipale.
Pour exemple, ne faut-il pas se réinterroger sur la politique de logement?
Dénoncer avec raison l'inflation extraordinaires des prix du m2 loué ou construit, cela suffit-il dans notre ville qui grossit l'offre de logements pour notamment faire baisser les prix ? Ne peut-on l'enrayer qu'à coups de subventions qui d'ailleurs n'atteignent pas toujours leurs cibles? En d'autres temps, d'autres pistes furent explorées.

2- Une acceptation de la répartition des rôles, qui ne donne pas aux militants, la place et le rôle qui serait utile.
Ce rapport accepte le schéma politique général des répartitions des compétences d'intervention entre les divers niveaux de pouvoirs, dont on sait qu'il génère de l'impersonnalisation, de l'informatisation, un esprit d'assistance et de lourds retards dans l'examen des situations.
Vous le reconnaissez d'ailleurs implicitement en souhaitant donner au CCAS un plus grand rôle de coordination mais sans aller jusqu'à la création d'une sorte de cellule militante d'ingénierie sociale, rassemblant des gens concernés et dynamiques, unité consacrée à l'imagination sociale, ayant pour objectif de repenser les modes de la solidarité en fonction et à partir de la situation présente.
Ne faut-il pas aider les ayant droits comme on les appelle, à sortir des statuts dans lesquels on les maintient, d'usagers, pire, de clients supposés consommateurs, pour les considérer comme citoyens actifs et solidaires?

3- Un manque de moyens pour l'imagination sociale.
En cette période grave pour les familles modestes, les sans-travail ou les travailleurs précaires, ne faudrait-il pas pousser et soutenir ceux qui voudraient ré-inventer des formes de solidarité dans l'esprit de celles qui furent créées dans les années 50 de la reconstruction, dans les domaines des prêts de proximité, prêts d'argent et de matériels, dans les coopérations pour la construction et les logements, préparation et finitions, dans les aides aux familles, et même de la formation? Actions dans lesquelles la ville de Saint-Nazaire fut exemplaire et qui se perpétuent de façon un peu différente sous la forme de l'économie sociale et solidaire, des échanges de savoirs, ou qui prit aussi l'aspect des régies de quartier.
Il ne s'agit pas de revenir au passé, mais de chercher à faire renaître une solidarité plus créative, imaginative, éducative, pour des citoyens actifs.

Il est habilement écrit dans le rapport : « la municipalité ne peut pas tout faire ». Certes, mais ne doit-elle pas insuffler?

Nous ne sommes pas dans l'après guerre de 45, mais la guerre économique est en train de détruire une société malade et à redéfinir. Produire et consommer différemment, quoiqu'en pense les privilégiés de cette société passée, s'impose.

Voilà pourquoi nous jugeons le rapport qu'on nous présente trop timide, trop classique et sans perspective d'avenir. Simple remise à jour de règles de redistribution.


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