des transports et déplacements dans la ville.
La municipalité annonce son projet de limiter le temps de stationnement en centre ville, et semble vouloir le faire par l'implantation de 65 horodateurs et la mise en parkings à enclos et contrôlés, supplémentaires, gratuits payants.
La première interrogation porte sur l'opportunité de cette entreprise. Le projet est depuis des années objet d'échanges avec notamment des représentants des commerçants, mais pas avec la population qui a été trop peu consultée. A-t-on expliqué à la population que des horodateurs viendraient « fleurir » le centre–ville, a-t-on expliqué aux familles nazairiennes aux revenus modestes qu’elles devraient désormais mettre la main à la poche pour faire un tour en centre ville.
Comme d'habitude, ce projet souffre d'un déficit d'anticipation et de débats. On n'ose parler de ce qui s'est passé et va se passer pour le pont de la Matte.
Une décision précipitée est-elle vraiment nécessaire en cette période où les difficultés se multiplient pour bon nombre de nazairiens ?
On remarque déjà une diminution des commerces du fait de la crise, et davantage de places de parkings sont aujourd'hui libres en ville.
Mais surtout comment vont s'accorder les travaux de réfection des chaussées pour les besoins du nouveau tracé de bus et l'installation d'horodateurs ? Pour ce que nous savons du projet nous n'y voyons guère d'harmonisation avec les nouvelles lignes du réseau de bus et le plan vélo. Pas trace de parkings relais futurs à proximité de stations de bus, à l'intention par exemple des automobilistes désireux de finir en bus leur entrée dans la ville. Ou de parkings de co-voiturage, comme en parle le dernier numéro du mensuel du conseil général. Ou de parcs à vélos!
Par ailleurs la perspective de voir transformer en parkings à durée limitée, les emplacements occupés par les habitués du marché, risque à l'évidence, de porter un coup de plus, à une activité favorisant pourtant la convivialité. C'est un lieu où l'on flâne et où l'on ne se préoccupe pas du temps.
Plus fondamentalement, l'association label gauche dénonce un commencement de marchandisation de l'espace et du temps de la ville. La ville doit rester et même redevenir un peu plus à nos yeux, le lieu des échanges, des rencontres, de la promenade et de l'animation. L'accès ne doit pas en être empêché, tout au contraire. Les horodateurs sont le signe d'un début de discrimination par l'argent, à la manière dont la droite, d'une façon générale, règle les problèmes et l'accès aux "services publics.". On commence ainsi à transformer les citoyens en consommateurs et acheteurs de temps et d'espace. On quitte l'idéal de gratuité qui fut jusqu'à aujourd'hui celui de la ville.
De plus il est loin d’être certain que la mobilité des véhicules soit plus grande avec l’installation d’horodateurs car les automobilistes qui auront les moyens de glisser des pièces dans les machines à sous des trottoirs de la ville monopoliseront les places et les plus modestes d’entre nous n’auront plus qu’à déserter le centre et rester dans leurs quartiers.
Curieux partage de la ville et curieuse conception de l’espace public.
Des propositions constructives de Label Gauche.
S’il faut en effet envisager un plus grand mouvement des véhicules, une plus grande mobilité d’autres solutions sont possibles : délimiter une zone bleue dans laquelle l'accès est une solution alternative, à la fois gratuite et plus citoyenne. A condition toutefois, qu'elle soit couplée avec l'existence de parkings relais, en amont du centre et reliée en permanence par des navettes gratuites.
En clair, et pour illustrer, même si cela reste à discuter, plusieurs parkings relais doivent être définis. Le futur parking du futur théâtre, est semble-t-il prévu jouer cette fonction. Vue sa place, il serait logique de le dédier aux personnes entrant en ville, de Méan, Penhoët; Trignac et autres agglomérations du nord. Après y avoir stationné leurs voitures, leurs occupants doivent pouvoir être acheminées sans délais important, vers le centre, par navette gratuite. (Une arrivée par Herbins pourrait même être redessinée, et libérerait quelque peu et provisoirement le pont de la Matte)
A l'ouest, pour les personnes venant des quartiers de ce côté, et des agglomérations voisines, les parkings de la soucoupe et du parc paysager, largement sous utilisés en semaine et libres le plus souvent, devraient pouvoir être aménagés pour la même fonction.
Des navettes gratuites peuvent alors, à partir de ces parcs relais, irriguer le centre et relier les lieux culturels, administratifs, de commerces, de détente et de loisirs. Parc paysager, jardin des plantes, bord de mer peuvent être sur certains trajets. Une fois en ville par ces moyens, plus de préoccupation de temps, ni de coûts.
Voilà des solutions pour lesquelles nous pourrions mieux utiliser les finances publiques plutôt qu’engouffrer à la hâte des sommes si importantes dans la mise en place d’équipements et d’installations qui, disons le, viendraient en plus défigurer notre environnement.
Faire accepter une zone bleue et rendre les Nazairiens actifs dans la décision de stationnement limité exige des décisions et des actions éducatives. Nous en sommes conscients. Mais à nos yeux, l'éducation à la citoyenneté doit être l’une des caractéristiques d'une politique de gauche. Les villes d'une façon générale se transforment. Elles ne peuvent le faire sans la compréhension des problèmes par les habitants, sans l’étude des différentes solutions par eux-mêmes, autrement dit sans le consentement éclairé des citoyens.
L'éducation au stationnement respectueux est une exigence, ainsi que l’apprentissage à la limitation des véhicules individuels en particulier dans les centres des villes, cela passe aussi sans doute par des actions auprès des scolaires et des jeunes, pour une ville plus agréable, sûre et à l’empreinte écologique minimale.
CONCLUSION
Pour conclure, nous demandons que le vote de ce soir soit différé afin de ne pas engager inconsidérément les deniers publics dans une telle période crise. Plus de 6 millions d'euros c'est énorme !
Nous demandons que la singularité de St Nazaire continue d'exister. C'est en effet une des dernières villes à ne pas être passée à la marchandisation de son espace public et à la marchandisation du temps des usagers.
Tout en visant l'objectif d'une diminution de la présence de la voiture en ville, nous voulons que la ville tente l'expérience bien moins coûteuse des zones bleues couplées à des navettes gratuites en partance de différents parkings relais, en en créant notamment un à la Soucoupe.
Ce temps d'expérimentation doit être mis à profit pour engager des débats contradictoires sur l'utilité de faire payer le stationnement pour encourager les gens à prendre les transports en commun. Nous souhaitons qu'une votation citoyenne soit mise en place à l'issue de ces débats. Nous rappelons qu'il nous paraît indispensable de mettre en place des transports en commun plus efficients avant d'envisager le stationnement réglementé.
Les électrices et les électeurs se souviendront que c'est la gauche PS PC Verts qui aura marchandiser l'espace public à St Nazaire, mais ce n'est qu'une continuité quand on voit ce qui s'est réalisé au Ruban Bleu. A Label Gauche, nous avons une autre idée du Monde, une autre idée de la ville...
vote contre.
RETOUR AU SOMMAIRE.