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Après la visite de Sarkozy aux chantiers, l’avenir est-il garanti?

Le président de la République est passé. Saint-Nazaire peut-elle respirer ?
Telle est la question qu'on peut se poser et que nous nous posons à Label Gauche.
A nos yeux, l'Etat a joué un drôle de jeu. Alors qu'il ne représente que 33% du capital des chantiers, il a rabattu des commandes, négocié les coûts, apporté la garantie des fonds publics. Tandis que STX qui représente, elle, 66% du capital, s'est contentée de gentiment remercier le chef de l 'Etat pour son apport de fonds publics, sans que sa direction ne s'engagée à rien. L'Etat a promis d' aider à une diversification vers l'offshore éolien, et soutenir la conception d'un "démonstrateur de navires du futur". Dans ces conditions, STX ne peut qu'être satisfaite et se frotter les mains. Les contribuables état lui financent sa diversification.
Ne s'agit-il pas d'un jeu de dupes?

Avec les nazairiens, nous redisons que cette crise de la navale, si elle est en partie contenue, a été cher payée, par de nombreux travailleurs et leurs familles.
Nous le rappelons, cette crise repoussée, a causé des dégâts profonds ici: elle laisse des travailleurs marqués par du chômage, et leurs familles par des pertes de pouvoir d'achat, des entreprises sous-traitantes anémiées par l'absence de marchés, des jeunes sans envie d'avenir dans cette entreprise navale autrefois phare de l'emploi. Elle laisse une ville inquiète.

Nous avons entendu le gouvernement. Le président de la république a confirmé dans son discours son intention de garder au nom de l'indépendance, un site de construction, sans doute polycompétent, en navires industriels spécialisés, en navires militaires et sans doute si possible commerciaux. Mais tout le monde a compris qu'en matière d'emplois, Saint-Nazaire doit repenser son avenir. La navale ne sera plus comme par le passé, la grande source des emplois à Saint-Nazaire.

A Label Gauche, au lendemain de la visite de l'Etat, nous reformulons nos 3 propositions pour l'avenir, tout en constatant qu'à ce jour, seule la première connait un début de réalisation.
1- Assurer la conservation de l'outil et des compétences, par les prises de commandes variées. 2- Mettre en place à Saint-Nazaire, un institut d 'ETUDE et de RECHERCHE concernant le domaine marin, mais qui soit Public et Indépendant, pour capitaliser et dynamiser le potentiel d'ingénierie et de compétences nazairiennes, pour innerver le bassin d’emploi. En Avril, sur cette proposition, un courrier a été envoyé aux élus et élues nazairiens, a la députée, aux assemblées régionale et départementale. Nous avons reçu plusieurs réponses. Sans être positives, ces réponses reconnaissent malgré tout, le besoin de développer l'ingénierie pour la diversification des entreprises nazairiennes. Ces réponses ont néanmoins, à nos yeux, le tort de laisser croire que cette question peut trouver solution par la simple collaboration d'entreprises par ailleurs concurrentes et hors du champ nazairien, comme par exemple dans le Blue Cluster évoqué récemment dans la presse.
Nous réclamons, nous, la création d'un institut sur fonds publics pour la garantie de son indépendance et de sa créativité.
Notre 3ème proposition porte sur le réveil d'un véritable comité de bassin pour l'emploi, démocratique, ouvert et imaginatif, qui redonne aux nazairiens l'envie et le goût de s'occuper de leur avenir économique, sans le laisser entre les mains fut-ce d'un président de la république dont les intérêts sont très loin des nôtres, ni entre les mains de technocrates lointains.
Le passage politiquement calculé du président de la République, à Saint-Nazaire, ne doit pas faire diversion et faire oublier aux Nazairiens, la nécessité de prendre en mains leurs affaires, défendre leurs droits et s'occuper de leur avenir et celui de leur ville.

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